| Ed Vertus, Machann Griyo et fier de l’être! |
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Dans une ville où toutes les grandes avenues de la restauration paraissent, depuis longtemps déjà, définies et occupées par des cuisines traditionnellement établies comme étant le rendez-vous quotidien de la fourchette ordinaire, d’aucuns diraient qu’il faut ne pas avoir froid aux yeux ou être un véritable visionnaire pour envisager d’y faire une percée au moyen d’un produit culinaire n’ayant en apparence rien de révolutionnaire, puisque pas tellement nouveau. C’est pourtant dans cette aventure que s’est lancé Ed D. Vertus, copropriétaire du réputé Restaurant Kalalu de la rue Saint-Denis à Montréal, où, depuis près de cinq ans déjà, cuisine haïtienne rime avec classe, qualité, variété et clientèle diversifiée. Le produit au coeur de cette initiative : le griot, est de ces mets typiquement haïtiens dont raffolent le plus souvent les étrangers qui y goûtent. M. Vertus le sait et s’est basé là-dessus pour échafauder sa théorie : « Les Grecs ont le souvlaki, les Libanais le shish-taouk, les Haïtiens devront avoir un griyo que l'on retrouve partout ». Aux dernières nouvelles, celui qui ne cache pas sa fierté d’être un marchand de griot (Machann griyo), nous parle de nouveautés additionnelles : la création et vente de franchises et aussi, la disposition déclarée de ce jeune entrepreneur à épauler ses compétiteurs. L’information a été rendue publique par un communiqué émanant de Magluv Communications, agissant à titre de relationniste pour ce projet de vente de franchises du Restaurant Kalalu. Cette note indique : « Un jeune homme s’apprête à créer un précédent dans la communauté haïtienne de Montréal : un restaurant franchisé, qui plus est, avec résultat garanti ! » Il parait également qu’en ce sens, le restaurateur veut, pour le futur, adopter une stratégie de croissance par franchisage et faire son entrée sur le marché de la restauration rapide avec une nouvelle bannière ! Un peu plus loin, à propos de l’homme et son projet, le communiqué nous dit : « Pour Ed D. Vertus, il faut de bonnes idées et une bonne équipe, mais surtout il faut de bonnes stratégies et de la rigueur. Et cela s’apprend ! Et il est prêt à partager son expérience. Avant de devenir entrepreneur, il était analyste et consultant en gestion d’entreprise. Il veut maintenant devenir consultant en restauration - spécialisé dans le marché du griyo. Il est très outillé pour aider les restaurateurs. » Et, au sujet de son idée de franchisage, le communiqué, sur un ton convaincu, ajoute : « Par-dessus tout, il est persuadé que sa méthode fonctionne. Et pour le prouver, il se propose de vendre le Kalalu pour en faire une première franchise. Et il offre à l’acquéreur de l’accompagner dans cette aventure. De plus, il garantit les objectifs de ventes de la première année ! » Et, curieuse, cette déclaration de l’intéressé lui même qui conclut la note : « Croyez-le ou non ...! Je suis prêt à aider mes compétiteurs à ouvrir leur restaurant ou améliorer leur restaurant existant. Pourquoi ? Parce que j’ai une très grande confiance en mon modèle d’affaires et aussi que je suis désormais dédié à servir le marché global du griyo. » Le comment de tout cela aurait pu faire l’objet de questions directes, mais auxquelles notre homme qui nage en plein bonheur n’était pas là pour répondre, puisque parti se marier à Riviera Maya au Mexique ! Dans les circonstances, un document détaillé reçu en lieu et place d’une entrevue, nous permet donc, en attendant, de renforcer nos informations à la fois sur l’homme et son entreprise. Sa fierté de vendre et de bien vendre son griot transpire à travers ces lignes : « Je suis un Machann griyo (marchand de griyo.) Je vends du griot. Je vends beaucoup de griot. Je vends mon griot à tout le monde. Je suis un ambassadeur de la culture haïtienne. En effet, depuis les quatre dernières années, par l’entremise de la cuisine du restaurant Kalalu, j’ai initié et ré-initié près de 130 000 personnes à la culture haïtienne. » Plus loin, il nous dit : « En route vers ma 5e année d’opération, je suis très fier d’évoluer en croissance dans une des industries où il est le plus difficile de survivre. Force est de constater que non seulement le Kalalu a survécu, mais il est devenu une destination – sinon LA destination – Caraïbes prisée...! » Notons qu’en février dernier, Ed D. Vertus a été couronné lauréat de la catégorie Jeune entrepreneur de la 1ère édition du Gala de l’Excellence de la Jeune Chambre de commerce haïtienne. Ce passage traitant du temps où il travaillait à lancer son entreprise, en dit long sur la grande détermination derrière ces intéressantes réalisations de ce jeune entrepreneur et peut-être aussi, sur l’esprit d’entreprise tout court : « De 2001 à 2003, j’ai cumulé jusqu’à quatre emplois afin de ramasser les fonds nécessaires pour démarrer mon entreprise. En plus de mon emploi de jour à temps plein, je travaillais comme inspecteur en environnement pour la Ville de Montréal les soirs de semaine. Les fins de semaines, je louais un taxi pour 24 heures afin de gagner un maigre 200 $ ! Et souvent, je sortais mon chapeau et mes gants blancs pour conduire des limousines dans les mariages, sorties mondaines et événements corporatifs. » Le long et patient parcours du projet ayant conduit à l’ouverture, en avril 2004, du Restaurant Kalalu, de même que le standing actuel de l’établissement positionné, au fil du temps, comme une destination tendance y sont détaillés : « Le concept Kalalu est le résultat d’une longue période de réflexion et de planification. Sans expérience et sans mentor, plus j’avançais dans l’élaboration de mon étude de marché et mon plan d’affaires, plus je me rendais compte que nous n’avions ni les ressources ni les compétences requises pour lancer un nouveau concept de restaurant de type Kalalu. Ainsi, pendant six mois, Bistro Tazza nous servit de laboratoire afin d’étudier la clientèle et le marché, de tester nos compétences et nos produits tout en cherchant à nous créer une place dans l’industrie de la restauration montréalaise. » Et un peu plus loin, « ...Désormais, les médias et les leaders associent le Restaurant Kalalu au mot « réussite ». Par exemple, en septembre dernier, lorsque le premier ministre Charest a voulu rencontrer les leaders de la communauté haïtienne pour un dîner, le Kalalu a été positionné comme le choix naturel par excellence pour effectuer cette rencontre historique.... L’industrie de la restauration ainsi que les medias reconnaissent le Restaurant Kalalu comme une destination tendance – une première pour un restaurant haïtien ! D’ailleurs, dans son édition de mars 2008, le magazine Elle Québec présente le Restaurant Kalalu comme une destination incontournable pour se défaire de la grisaille de l’hiver... » Il resterait encore très certainement des questions à poser et des réponses à recueillir. Nous continuons de suivre pour vous le parcours de cet entrepreneur, sa vision, sa remarquable détermination, son Kalalu, de même que ses projets de franchisage et d’expansion. |







